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Le Chevalier à l’armure rouillée IV

Le Chevalier à l’armure rouillée (quatrième partie)

Il régnait un silence extrême dans le château du Silence ou il avait pénétré, et aucune porte n’était visible. Pris de panique, il entendit une voix familière, celle du roi:
-Tu ne verras pas tant que tu n’auras pas compris.
Vous venez ici?
-Bien sûr! Nous sommes tous prisonniers d’une armure. Nous dressons des barrières pour nous protéger de ce que nous pensons être; puis un jour nous nous trouvons séquestré derrière ces barreaux et n’arrivons plus à en sortir. Nous devons, d’abord et avant tout, avoir assez de sagesse pour se rendre compte qu’on est coincé et venir en apprendre davantage sur soi-même.
-Dis-moi où est la sortie?
-Non, tu dois la trouver seule et ce processus se fait sans parole; être silencieux est beaucoup plus que de ne pas parler. Tant que tu es accompagné, tu ne peux totalement laisser tomber tes barrières. Il faut être seul pour déposer son armure. Aussi tu dois être bon avec toi-même, car cette croisade te demandera plus de courage que toutes les autres que tu as livrées jusqu’ici.
Le chevalier se sentit déprimé comme jamais. Il crut toucher le fond, devenir fou. Aussi, pour se remonter le moral il chanta : « Je viendrai te chercher ma chérie, j’irai pour une croisade! » Mais le silence enveloppa son chant et ce calme absolu l’accabla. Il dut avouer une chose : il avait peur de la solitude et s’il avait parlé toute sa vie c’était pour ne pas se sentir seul. Aussi il prit conscience que non seulement il ne pouvait supporter le vide, mais qu’il n’avait jamais apprécié un événement au moment ou celui-ci survenait.
Alors une porte s’ouvrit!
Encouragé, il passa dans une pièce plus petite; il se mit à écouter le silence! Il entendit pour la première fois le crépitement de la pluie, un chant provenant du ruisseau. Il réalisa qu’il n’avait jamais vraiment entendu son épouse, quand elle lui disait comment elle se sentait seule près de lui si armuré. Il fut submerger par sa propre souffrance et solitude. Il pleura si longtemps qu’il inonda la pièce. C’est alors qu’il vit la sortie vers une pièce encore plus petite. Se demandant comment cela était possible, une toute petite voix répondit :
-C’est que tu es de plus en plus proche de toi-même.
-Qui parle?
C’est mini-toi à l’intérieur de toi-même; je suis le véritable toi, Samuel; moi je suis Sam. Je suis là depuis des années, mais c’est la première fois que tu es assez silencieux et intérieur pour m’entendre.
Il pleura à chaude larme devant tant d’inconnus. À son réveil il ne savait plus ou il se trouvait et n’avait plus conscience que de lui-même; il réalisa que non seulement il était maintenant dehors, de l’autre coté du château du Silence, mais il avait perdu son heaume à force de penser la sortie dans des larmes sincères.
Il aperçut Merlin juste au moment ou il allait l’appeler.
-Comment avez-vous su?
-Je me connais, donc je te connais, nous faisons partie l’un de l’autre! Quand on comprend ceci, on ressent la souffrance de l’humanité et sa joie et on se sent fier d’être humain, comme l’oiseau de voler, car s’il a des ailes, toi tu as un cœur

Le Chevalier à l’armure rouillée – Robert Fisher – VivezSoleil

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