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LETTRE À MON AMI – Laisse-toi briser… pulvériser!

Salut mon chum… comment tu vas?

Depuis qu’on a parlé de ces ruptures si douloureuses, je pense tellement à toi, à ce que tu vis et mon cœur se fond… j’allais dire : « tellement je te comprends! » Mais qui suis-je pour prétendre savoir ce que tu vis… chaque expérience étant si unique! Sauf que… je peux référer à la mienne, celle qui au travers de toutes celles de ma vie « m’a eue » il y a quelques années maintenant… Tous les jours, je me parlais, je mettais mon masque « T’es capable! » « Ça va aller! » « Respire! » Quand tu travailles au public… tu te dois… Et mon plus beau sourire sur le visage je continuais, me laissant inspirer – oui… je m’inspirais, cherchant mon air — de chacune des personnes qui frappaient à ma porte.
Tous les jours, j’aurais voulu me rouler en petite boule, suppliante : « Ne me laisse pas seule avec le temps! » Pourtant il est présent le vide étouffant et il n’y a plus rien pour te protéger du grand vertige!

Ainsi, je ramais, pour éviter que mon embarcation de plus en plus fragile, à force de tourner dans les remous, de rosser les rochers escarpés, ne se brise m’emmenant dans la dérive.

Puis un beau jour… au moment où je croyais accoster enfin, une vague… un tsunami déferla, me ramassa et me brisa, mais totalement. Mon corps rompit son alliance avec ma volonté. À force de se faire « botter le cul » il se cabra, se braqua à un point tel, que la négociation afin d’arriver à faire… à devoir… à être… fut complètement futile. Niet… plus rien. La fragile embarcation, l’armure me gardant un semblant de prestance s’est brisée… Tu dis! Un naufrage? Un vrai de vrai, duquel il ne resta rien ni de ma contenance, ni de mon contenu… pulvérisé.

Les cheveux épars, le regard hagard… je n’avais plus rien pour me ramasser. Je glissais dans un trou noir, celui que j’avais cherché à fuir depuis ma petite enfance, m’agrippant avec la force du désespoir à chaque liane, croyances, opportunités de survie, verticalités.

Un engloutissement… dans un abîme sans fond, harcelée par le désespoir. Oui, tout ce que j’avais mis en place : volatilisé! Plus rien de moi ne survécut à cette douleur sans nom… pas même les certitudes de ma longue quête.

Personne ne savait que je venais de mourir… à ce que j’étais.
Un grand silence s’installa.

Avec un pas de recul, je réalise que de m’annihiler, de me broyer, était exactement ce que la Vie voulait. Tout comme elle refusait, que je ne ramasse, que je colle les éclats de ma fragile porcelaine.

Tu sais, un jour je suis allée au Jardin botanique voir les papillons. La narratrice expliqua que la chenille ne se « transforme » pas en papillon, plutôt le vers se liquéfie complètement devenant une toute nouvelle entité. J’ai compris ce qui m’était arrivé.

La déstructuration totale de soi est… LE passage, l’ouverture tant recherchée.

La seule attitude à avoir est le détachement.

La fille qui te parle aujourd’hui n’a plus rien de celle du temps d’avant. Quand tu émerges de l’autre côté de l’épouvante, de l’obscur et du noir, il n’y a plus de masques, plus de mortier retenant quoi que ce soit. Tout ce que tu as mis en place pour arriver à… est anéanti.

Quand j’ai fait le tarot de l’an 2015, je paniquais à l’évocation de 2016. C’est que je le connais le « 16 » personnifiant la déstructuration, l’effondrement des assises, de tout ce qui a été érigé. Éclair fracassant la tour d’ivoire, c’est un cataclysme d’une envergure… à laquelle rien ne survit, ni décombres, ni ruines. J’appréhendais aborder ce sujet, désireuse d’éviter la panique, la peur.

Pourtant, en cet instant, je rêve que toutes les âmes en quête puissent vivre cette pulvérisation, prospectus de l’an nouveau. 
Ah je sais bien… là où tu es, t’en as tellement assez… tu ne veux probablement pas ça. Toutefois, de ses cendres renaît le phénix. C’est d’un cœur brisé, réduit en bouillie, pour certains, d’un corps épuisé, voire anéanti que s’opère la résurrection.

Ta chum est bien loin d’être un modèle, mais c’est de cet espace-là que tout a émergé. Je n’ai pas eu, comme bien du monde, de grandes illuminations où l’on voit la Grande Lumière… rien de ça; mais à partir de chutes libres, de culbutes réitérées, quelque chose m’a transformée.

Des gens comme toi et moi, cherchons l’état de paix permanente; cette intention en poche, on ne prend pas conscience qu’on esquive tout le temps nos noirceurs, qu’on se soustrait aux douleurs qui cherchent à finir un trajet emprunté dans l’enfance.

Avec du recul, j’ai compris que la joie, « l’illumination », l’état de sérénité permanente, l’issue se trouvent au sortir de ce plongeon au cœur de nos détresses.

La paix est un choix de rester paisible sachant que nos sentis ont une intelligence supérieure nous menant exactement où il faut.

Accepter de se laisser complètement briser…

Alors peut émerger notre soi profond. Aujourd’hui, c’est à partir d’un espace plus doux, plus lumineux, mais combien plus vulnérable, probablement beaucoup plus humble que j’ose te dire : « Laisse-toi ballotter par la Vie, laisse-toi briser. Abandonne la résistance, tout comme la quête… malgré que tu n’aies aucune idée de ta survie. »

Tous les jours nous rendons un peu l’âme, cette mort a l’objectif d’un plan de conscience inexploré, une métamorphose que tu appelles de toutes tes forces quand tu parles à l’Univers, Dieu ou je ne sais trop Qui ou Quoi. Une renaissance à du plus vrai, que certains appelleront « Illumination », « Éveil ».

Je ne me sens pas très « illuminée », mais je peux te dire que je ne suis plus la fille d’avant. J’ai comme pris un pas de recul avec la vie. Il y a en ce moment, moins de résistances, plus d’accueil, de compassion, de bienveillance. Fini l’amalgame à tout ce qui se déploie sur mon parcours;  je suis devenue plus observateur. Si la peine et le vide me touchent toujours, ils n’ont jamais l’amplitude de jadis, Dieu merci! Ils me parlent et je suis présente et à l’écoute dans un accueil bienveillant.

Je n’ai certainement aucun conseil à donner, cependant on résiste longtemps, pour remettre ça encore et encore. Ou, on peut sauter à pieds joints dans cette peine infinie qui va t’amener à une défragmentation intégrale, totale.

C’est avec beaucoup d’affection que je te souhaite du plus profond de mon être, que tu franchisses ce cap d’où émergera un toi tellement lumineux, celui dont tu ne soupçonnes pas même l’existence.

La Vie t’y mène… juste là!
Je suis là… au bout du fil! Tiens bon, tu n’es pas seul!
Bisous, Myriam


Extrait de mon ouvrage : S’accompagner soi-même en pleine conscience de l’émotion à l’éveil!

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